| FCU - Institut séculier féminin du Coeur de Jésus | |||
| Orientations de l'Assemblée
générale de Banneux : Poursuivre l’actualisation de notre charisme |
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| Deux événements marquent profondément l'étape 1996-2002 : | |||
| - | les Groupes Evangile et Mission deviennent la Famille COR UNUM et se donnent un texte fédératif, "un souffle nouveau pour la Famille Cor Unum" (ad experimentum), | ||
| - | notre Institut séculier féminin est reconnu de droit pontifical par le Pape Jean-Paul II, et les Constitutions qu'il s'est données deviennent applicables. | ||
| Les mesures transitoires prévues aux articles 154-159 des Constitutions
permettant la mise en place officielle des structures ont été mises en oeuvre selon
le principe de gradualité (groupes homogènes, etc.), et le partage des aides et
responsabilités réciproques entre les Instituts de la Famille COR UNUM a été encouragé.
Puis l'Assemblée générale extraordinaire de Paris 1999 a fixé les premières priorités dans la vie de notre Institut. Pour le service de la Mission, elle a mis l'accent sur nos relations au sein de la Famille Cor Unum, sur une vie fraternelle aux dimensions du monde, sur le souci de la formation et de la recherche, ainsi que sur l'appel et l'accueil de n ouveaux membres. Tout ceci demeure et nous aide à mieux vivre cette Consécration au Seigneur qui a donné et donne toujours sens à nos vies. Toutefois, l'expérience de ces dernières années comme l'accueil des événements internationaux nous invitent aujourd'hui à quelques insistances particulières. A cet égard, les échos recueillis au cours des visites ou reçus des régions nous pressent d'insister prioritairement sur quatre domaines d'efforts pour les années à venir : |
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la formation,
l'appel, l'insistance sur le souci des plus démunis et sur l'engagement pour la justice et le partage, l'attachement à nos racines ignatiennes. |
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| Parce que nos soeurs n'insistent pas de la même façon sur chacun de ces points,
nous les envisagerons selon le degré d'urgence que leur complexité semble demander. Notons
que ce rapport fait le choix de ne pas aborder la vie internationale de notre Institut parce
que chacune de nous, quelle que soit son origine, a insisté sur l'urgence des points soulevés.
C'est à travers eux que nous vivrons cette dimension qui nous appelle à approfondir toujours
plus l'effort de communication mutuelle et nous invite à être réellement un carrefour
d'expériences.
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1) La Formation |
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| Manifestement, son souci est premier. Son besoin s'exprime à tous les
niveaux de l'ISFCJ. Si nos soeurs expriment généralement leur volonté de vivre
généreusement leur consécration dans et pour le monde en réponse à l'appel reçu de leur
Seigneur, si elles s'engagent manifestement avec courage et confiance, elles expriment
tout aussi souvent leur sentiment d'être démunies, à la fois pauvres en nombre - comme
le petit reste dont parle l'Ecriture - et pauvres en formation.
En ce qui concerne la formation, le sentiment d'insuffisance est décliné plus particulièrement selon deux axes : l'importance de la formation initiale jusqu'à l'engagement perpétuel et l'importance d'un accompagnement de la formation. |
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Formation initiale |
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| Le problème principal qu'elle soulève rejoint ce qu'exprimait l'exhortation Vita Consecrata : | |||
"à la formation initiale comprise comme une évolution progressive, qui passe par toutes les étapes de la maturation personnelle - de la maturation psychologique et spirituelle à la maturation théologique et pastorale - on doit ménager un temps suffisamment long " (Vita Consecrata, 65). |
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| - | De plus en plus, nous percevons qu'il faut du temps pour que les candidats à la vie dans l'Institut aient la maturité nécessaire pour une démarche de discernement de vocation suffisamment libre. La maturité spirituelle ne peut advenir sans que ne soit acquis un minimum de maturité humaine et affective. En outre, certaines évolutions du monde ne facilitent pas toujours la compréhension des exigences de la vie consacrée. Si certaines candidates à la vie dans l'Institut ont déjà un long chemin derrière elles, il semble en tout cas que les périodes prévues par nos textes demandent souvent à être prolongées. | ||
| - | Il faut alors s'interroger sur le comment de cette formation humaine et spirituelle : il est bien évident que nous ne sommes pas en mesure d'en assurer toutes les dimensions, et cela est encore plus vrai dans certaines régions plus dépourvues. | ||
| - | Ces difficultés posent aussi la question de la formation pour exercer la responsabilité de l'accueil et du discernement dans la perspective d'un engagement perpétuel : formation des responsables et des instances de discernement. | ||
| Malgré les progrès accomplis - notamment avec la rédaction des guides -, ce sera la tâche des années à venir que de réfléchir prioritairement à cette question et de faire des propositions à son sujet. | |||
Espace d'accompagnement de la formation |
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| Il s'agit toujours de formation. Mais le mot " accompagnement " apparaît peut-être plus adéquat pour rendre compte véritablement de ce qui est ici en jeu : actualiser constamment sa consécration au Christ Jésus en plein monde. De tous côtés, nos soeurs expriment leur besoin pressant d'être davantage aidées pour : | |||
| - | Etre à l'aise dans un monde qu'elles veulent prendre à coeur, et être capable d'y assumer des choix : beaucoup se sentent démunies dans ce monde en constantes mutations. Deux besoins s'expriment particulièrement : creuser toujours davantage notre identité et toujours mieux connaître les réalités que nous avons à vivre. Les deux dimensions sont véritablement indissociables, réagissant l'une sur l'autre. | ||
| - | Se donner les moyens de vérifier leurs choix.Chacune ressent que jamais rien n'est figé une fois pour toutes. C'est avec humilité qu'il faut sans cesse reprendre ses choix et les affermir, puis se donner les moyen de les vérifier. | ||
| Ces deux exigences reviennent sans arrêt quand nous exprimons nos désirs. Elles disent que nous avons conscience de la nécessité vitale d'une formation sans cesse à reprendre et à évaluer selon des besoins qui varient pour chacune. C'est à chacune, pour suivre authentiquement le Christ, de réajuster régulièrement son parcours personnel dans ce domaine. Dans cette optique, plusieurs sortes de soutien sont évoquées : | |||
| - | l'encouragement renouvelé à la revision de vie ou à l'interpellation du groupe, qui font partie de notre tradition, | ||
| - | un véritable espace de dialogue pour que chacune soit incitée à s'interroger régulièrement sur ses efforts au plan de la formation, à partir des engagements qu'elle a pris, de nos Constitutions et des possibilités qui lui sont offertes là où elle vit. Sans créer d'instances nouvelles, il est peut-être possible de tirer parti de ce qui existe déjà pour que chacune de nous dispose de ce soutien fraternel et soit aidée à mieux vivre sa consécration dans un monde en mouvement. | ||
2) Le service de l'appel |
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| Bien conscientes que c'est Jésus Christ qui appelle, il n'en reste pas moins que le service de l'appel est prioritaire. Le bilan des années passées a noté que si l'accueil progressait, nous restions timides pour l'appel. Cependant, beaucoup le notent comme leur première préoccupation. On peut néanmoins se demander si nous sommes réellement à l'aise dans la démarche de proposition. Nous sommes certes conscientes des moyens à utiliser pour ce ministère - nous appuyant le plus souvent sur les services des vocations, les journées des vocations ou de la vie consacrée, la vie de la paroisse, etc. -, regrettant d'ailleurs souvent le manque d'intérêt de certains de nos interlocuteurs dans l'Eglise. Cependant, la proposition individuelle semble relativement peu fréquente. | |||
| Puisque le souci de l'appel revient constamment mais que la démarche d'oser proposer la vie dans l'ISFCJ paraît difficile, il faut sans doute que les responsables de l'Institut considèrent comme une tâche prioritaire des prochaines années la réflexion à ce sujet ainsi que la mise à disposition de pistes concrètes pour cette proposition. Peut-être d'ailleurs cette réflexion doit-elle aussi être encouragée à l'échelon de la Famille COR UNUM tout entière. | |||
3) L'engagement pour la justice et le partage |
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| Même si, actuellement, les soucis de la formation et de l'appel sont perçus comme prioritaires, il n'en reste pas moins que, pour chacune de nous, la dimension de l'attention envers les plus pauvres apparaît constitutive de l'engagement dans l'ISFCJ, quelles que soient nos insertions. Le souci des plus petits et l'engagement pour la justice et le partage ne sont pas facultatifs, mais il sont un lieu de vérification de l'authenticité de notre suite du Christ. | |||
"Nous prendrons les moyens de découvrir les formes de pauvreté et d'en chercher les causes. Nous aurons le courage de prendre la parole et d'agir, même au risque de nous compromettre avec les victimes de l'injustice." (Constitutions, n° 39) |
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| C'est pourquoi nous attendons que l'Institut et la Famille nous le rappellent constamment, nous stimulant sans cesse dans cette voie et nous demandant compte de la façon dont nous nous y engageons. | |||
4) L'attachement à nos sources ignatiennes |
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| Bien que ce point apparaisse ici en dernier, il est au fondement de notre vie : toutes, nous voulons être des femmes de prière, des femmes qui tiennent à se réserver jalousement des moments de retrait avec leur Seigneur pour mieux le contempler ensuite dans notre monde. | |||
"Jésus nous invite à donner un temps suffisant à la prière. Faisons une place dans nos vies à l'oraison prolongée, même au prix d'un effort, non pour nous acquitter d'un exercice, mais avec la liberté et la joie de l'amour." (Constitutions, n° 56) |
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| Comment dire la tendresse de Dieu pour le monde si nous ne vivons pas de la tendresse du Coeur du Christ... C'est pourquoi nous voulons que l'Institut nous rappelle aussi sans cesse cette nécessité, qu'il nous invite à approfondir la spiritualité ignatienne et nous en fournisse les moyens. | |||
Pour vivre les années à venir... |
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| En ce début de troisième millénaire, l'Institut séculier féminin du Coeur de Jésus est bien vivant. Après le temps des mises en route, voici celui des approfondissements et des consolidations. Rendons grâce à la miséricorde du Seigneur qui nous y a appelées. Mais il nous faut prendre la mesure de nos diversités, notamment grâce à notre dimension internationale, et les vivre comme la richesse qu'elles sont : source d'émulation et de stimulation mutuelle dans la suite du Christ. La rencontre et le dialogue de la diversité de cultures que nous représentons prend alors une valeur inestimable. C'est pourquoi, s'il faut encore exprimer un souhait, c'est que chacune de nous prenne à coeur sa participation à la vie commune et ne la juge jamais inutile. Voici peut-être aussi le temps de donner de nouvelles couleurs à la vie de Famille. Alors, nous pourrons véritablement vivre un temps de grâce. | |||
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