L'homme Caractère vif et indépendant, fort tempérament, dur avec lui-même et exigeant avec les autres. De haute stature et de constitution robuste. Inébranlable dans ses convictions. Timide. Un bégaiement tenace qui le fit beaucoup souffrir. « Mon bégaiement s'accrut au point que pendant cette première année d'études, où je souffris beaucoup, je fus incapable de formuler un argument. » « Pour ce qui est de l'embarras de ma langue, quoiqu'il ne m'empêche pas tout à fait de remplir mon devoir, j'ai cependant déplaisir de ne pouvoir faire les choses comme il me semble qu'il le faudrait. » Le Jésuite L'entrée dans la Compagnie de Jésus : La dame du noviciat des jésuites. « Dieu vous appelle sous la protection de saint Ignace et saint François – Xavier. Voici le noviciat : entrez-y. Vous serez un saint Ignace et un saint François-Xavier. Le Seigneur m'a fait connaître sa volonté au moment où vous entriez dans l'église. » Le dernier jésuite à faire profession avant la disparition de la Compagnie en sera aussi le restaurateur en France. Montmartre. Le 2 février 1791, le Père De Clorivière fonde la société du cœur de Jésus, à Montmartre, dans la chapelle même où St Ignace et ses compagnons avaient prononcé leurs premiers vœux. Interrogatoire de mai 1804 « J'ai été et je suis encore Jésuite. J e ne me donne point cette qualité, parce qu'ils ne sont point encore reconnus en France. »
Pleinement inséré dans son temps Comment vivre pleinement l'Evangile dans une société qui tend à l'oublier ou à le rejeter ?
Un maître spirituel pour aujourd'hui La recherche de la perfection « Ma principale étude doit être celle de ma perfection. Il n'y a point de moment où je ne doive y travailler… Mais je suis pleinement convaincu que c'est plus Son ouvrage que le mien. » « Chercher en chaque chose le plus parfait. » « Pour dompter la chair, loin de lui accorder tout ce qu'elle demande injustement, je dois même lui retrancher quelque chose de ce que je pourrais lui accorder. » Spiritualité de l'évènement « Faire un grand cas des petites choses. » « Je dois passer chaque moment du jour présent sans être préoccupé de ce qui doit arriver demain. » Maîtrise et bon usage de la parole « Parler peu ; aimer le silence et éviter plus que la mort toute parole inutile et oisive. » « C'est très difficile et on ne peut espérer y parvenir à moins de s'efforcer de se libérer de toutes pensées futiles et d'être constamment uni et conversant intérieurement avec Dieu. » « La langue exige d'autant plus de vigilance qu'il est plus difficile de la contenir, et qu'il est au contraire bien facile de laisser échapper quelque parole qui blesse. » Pratique de l'examen particulier « Je me suis plusieurs fois rendu compte que c'était chose agréable à Dieu de continuer en cette matière de mon examen particulier : bien que d'autres fois j'en ai été détourné comme étant peu utile à mon avancement spirituel, ce que je considère comme un piège du diable, car j'ai expérimenté le contraire. » Par rapport aux tentations d'impureté qui l'ont assailli pendant plus de 10 ans, surtout pendant l'oraison. « Je fais moi-même ce que je conseille aux autres de faire en de telles occasions, c'est-à-dire de n'en pas faire grand cas, mais, sans être jamais anxieux, d'en prendre occasion pour m'humilier. J'ai soin de ne rien faire qui puisse causer ces tentations et, tant qu'elles durent, j'en détourne mon esprit autant que je peux et je le fixe en Dieu… Grâce à Dieu, je ne pense pas y avoir cédé. » L'humilité « Soyez humble dans vos affections. Ne désirez pas être estimée plus que vous l'êtes. N'ayez pas même un trop vif désir d'une grande perfection, car souvent l'orgueil se mêle à ce désir et il n'est pas le vrai moyen d'avancer. Dans le chemin de la perfection, on ne monte qu'en descendant. C'est la voie tracée par Jésus-Christ dont l'apôtre écrit : « Il est monté », qu'est-ce à dire sinon qu'il est descendu. » « Soyez humble dans vos paroles, Ne vous louez pas du bien que vous avez fait. Il suffit que Dieu l'ait vu. » Un maître d'oraison C'est son expérience qu'il décrit, expérience vécue avant même d'entrer au noviciat. Oraison passive « J'y avais eu autrefois quelque accès un an après ma conversion, et j'y ai plus ou moins persévéré jusqu'à ce que je commence mon noviciat où on me dit de m'appliquer à la méditation ou à l'oraison affective ce que par obéissance je fis pendant plusieurs années, bien que sans consolation…Il plut à Dieu de m'y appeler de nouveau d'une manière plus spéciale et plus forte ; mon oraison fut approuvée ; elle rencontra depuis quelques altérations et interruptions, mais maintenant j'y suis plus établi qu'avant et en tire plus de bénéfices. » Passive ? «…Attention amoureuse de l'esprit et adhésion de la volonté à Dieu présent et agissant dans mon âme. » « …Sentiment intime de la présence et de l'opération de Dieu, que lui seul peut donner. » « J'ai d'ordinaire un sujet en vue. Mais je pense très rarement m'y appliquer ; ou même si je voulais faire usage de l'esprit pour y réfléchir, cela ne ferait que me distraire et me rendrait le cœur tout sec. » « Quand je me présente pour prier, je suis doucement attiré en moi-même par cette conscience de la présence de Dieu en moi, et m'unissant à lui je l'adore, je l'aime, je m'anéantis devant lui, et je consens à son action, mais tout cela se fait très simplement et pour ainsi dire d'un coup sans distinction d'actes et presque sans mouvement des facultés de l'âme. » Oraison continuelle « Faire une oraison continuelle par mon attention à la présence de Dieu en mon désir de lui plaire en tout. » « Au lieu de l'appeler une attention à Dieu, je l'appellerais plutôt une sorte de sentiment et de conscience de la présence de Dieu en moi qui me dicte en maintes occasions ce que j'ai à faire ou à ne pas faire. » Une foi incarnée « Beaucoup de chrétiens déshonorent par leurs mœurs la profession de foi qu'ils font. Ils vivent comme s'ils ne croyaient pas, comme s'ils croyaient tout le contraire. Ils croient en Dieu et n'y pensent jamais. Ils croient en Jésus-Christ, et toute leur vie se passe à l'outrager. » « Ce que Dieu nous a donné, ce qu'Il attend de nous : une foi vive qui sert à régler tous nos actes et à diriger toutes nos demandes. Elle nous sert à mesurer et à apprécier chacune des choses qui se présentent, de sorte que nous les aimions ou les méprisions qu'autant que la foi nous enseigne qu'elles sont estimables ou méprisables. Qu'en conséquence, nous nous y attachions plus ou moins dans les mêmes proportions, de manière que paraissant encore agir par les lumières et sous la direction de la raison, nous n'agissions réellement dans chacune de nos actions qu'au flambeau et par l'impulsion de la grâce. » « Il ne suffit pas de croire tout ce que doit croire un chrétien, il faut vivre d'une manière conforme à sa foi. » Confiance devant ses faiblesses « Dans quelque état que vous soyez, sachez y demeurer tranquille et contente. Voilà ce que le Seigneur veut de vous. Tant que vous ne saurez pas supporter vos misères et vos imperfections, vous serez à plaindre et vous n'avancerez jamais dans le service de Dieu. » « Ne vous troublez pas de vos faiblesses et de vos misères personnelles, soit présentes soit passées. Ce n'est pas en soi mais en Dieu qu'il faut mettre sa confiance. » Le zèle à servir Dieu « Quand il y aurait quelque danger, le bien spirituel des âmes et l'intérêt général de la religion demandent dans les circonstances qu'on s'expose à quelque chose. » « Il faut que nous ayons un ardent désir que Dieu soit connu et glorifié dans tous les hommes. » Un mystique du Sacré Cœur et de Marie « …Quand pourrons-nous dire avec le grand apôtre, que Jésus-Christ seul vit en nous ? » « La Passion de notre Seigneur doit être le sujet ordinaire de nos méditations. »
Son projet Le 12 juillet 1790, la constitution civile du clergé est promulguée. Clorivière récuse cette intervention de l'état dans un domaine qui relève strictement de l'Eglise. Il formule alors le souhait d'aller en mission dans le nouveau monde. Le 19 juillet, il a une soudaine inspiration. Il lui fut dit comme intérieurement d'une manière très vive : « Pourquoi pas en France ? Pourquoi pas dans tout l'univers ? » « Il lui fut aussi montré, comme dans un clin d'œil, l'idée d'un plan qui devait être très utile à l'Eglise et contribuer au bien d'une infinité d'âmes. » 1) Finalité
2) rapports avec le monde
3) L'unité
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